Covid19 et impact sur les troubles psychologiques

Depuis le début de la pandémie, l’inquiétude, les risques de chômage accrus, les informations parfois anxiogènes, le port du masque obligatoire, le spectre d’un reconfinement, les deuils, l’isolement social et l’essor des contaminations, il existe peu de données quant à l’impact précis de cette crise sur la santé mentale des populations.
Il serait intéressant d’analyser les grandes tendances du contexte épidémique, en termes de souffrance psychologique.
(Stress post traumatique, TCA, anxiété généralisée, …)

Je tiens donc à souligner que les liens potentiels entre Covid-19 et les troubles énoncés ci-dessous restent à vérifier et précise qu’ils ne sont que l’analyse suite de mes consultations clientèle au cabinet.

Sentiment de solitude, d’ostracisation, ou réapparition de blessures plus profondes menant à des troubles du sommeil et/ou du comportement alimentaire, anxiété généralisée, hypocondrie, dépression…
En quoi le contexte pandémique a t-il augmenté ces troubles mentaux chez certaines personnes?

La première tendance dont je souhaite parler concerne l’exacerbation des troubles alimentaires. Il est important de noter qu’une personne sur 20 est touchée par l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse ou l’hyperphagie boulimique. Le stress induit par ce contexte anxiogène peut contribuer certes au développement d’un trouble des conduites alimentaires ou/et à son aggravation. L’acte de manger peut être perçue par certains comme un moyen de se protéger, ou de se sentir exister.

Pour toutes les personnes habituées à limiter leurs troubles du comportement alimentaire (TCA) par des activités extérieures comme la pratique de cours de sport, des activités en famille ou entre amies, à adopter tout type de stratégies d’évitement face à la maladie retrouvent ces stratégies limitées voir dans certaines régions, plus possible du tout. L’alimentation peut alors être, pour certaines personnes, un moyen efficace de régulation des émotions sur le court terme, voire même le seul moyen. Dans ce contexte contraint, nous pouvons supposer que ce semi-confinement a induit, chez certaines personnes plus vulnérables, un recours plus fréquent à l’alimentation comme un moyen de réguler ses émotions et de diminuer l’intensité du stress perçu.

La peur de pénurie dans un premier temps, se manifestant par un approvisionnement et un stockage pathologique de nourriture, a provoqué une augmentation de crises boulimiques chez mes clients souffrant de ces comportements alimentaires. Passant plus de temps à la maison, plus fréquemment confrontés dans leur quotidien à tout ce qui a trait à l’alimentation avec une plus grande accessibilité et disponibilité de la nourriture à leur domicile, et le temps passé en cuisine est de fait, plus important qu’en temps normal.

Dans le cas d’anorexie, la restriction alimentaire a été accentuée sous prétexte du danger d’aller faire ses courses pour arrêter de se nourrir, ou du danger éventuel de s’exposer lors d’événements sociaux. Il a été aussi notifié pour certaines, une augmentation de rituel de pesées, vérifications excessives de tour de taille ou de forme, ou encore une augmentation de conduite compensatoire tels que vomissements.

Autre grand drame de ce contexte: la surexposition et sur-utilisation aux médias dont aux réseaux sociaux.

La plus grande exposition aux médias induite par le semi-confinement peut aussi contribuer, chez certaines personnes, à renforcer l’adhésion à un idéal de minceur. Chez les femmes, l’exposition à certains médias (films, télévision, séries) ou réseaux sociaux tel Instagram, Tik-Tok, s’accompagne d’un plus grand sentiment d’insatisfaction vis-à-vis de leur corps, augmentant le risque de troubles des conduites alimentaires ou de symptômes dépressifs.

J’ai constaté une forte augmentation de demande (+40%) pour le manque de confiance en soi, le manque d’amour envers soi et envers son corps depuis ces 6 derniers mois ainsi qu’une forte demande de perte de poids pour des clients n’en ayant pas besoin.

Les autres personnes grandement fragilisés par la crise sanitaire sont les personnes aux comportements addictifs (alcool, jeux vidéo ou jeux d’argent, drogues,…)

Comme pour les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire, le quotidien se retrouve bouleversé par le télétravail et chômage partiel pour certains. Contexte clairement propice à l’augmentation des troubles (plus de temps passé au domicile, moins de distractions…)
L’angoisse, le climat, l’inconnu et la précarité économique sont des facteurs extérieurs de vulnérabilité, qui peuvent inciter à la consommation. «Je me suis retrouvé isolé et dès la deuxième semaine, j’ai commencé à boire et à avoir des idées suicidaires», témoigne Hadrien, un de mes patients. Pour cet indépendant, l’arrêt de son travail a été dur à la fois psychologiquement et financièrement. «Mon travail, qui est quelque chose de structurant pour moi, s’est stoppé net. J’étais loin de mes proches et du soutien de mes amis.»

Les gens se sont retrouvés chez eux, enfermés, avec pour effet une vraie débâcle de consommation qu’ils ne contrôlaient plus.

Autre phénomène aperçu: celui de la décompensation; pour toutes les personnes ayant tenu bon, celles qui se sont servies du semi-confinement comme d’un levier de changement, ou ont pris du temps pour initier une abstinence ou un changement de consommation, ces personnes là ont vite repris et augmenté même pour la plupart leur consommation dès le retour à la vie normale.

Enfin, la mise en quarantaine ou l’isolement forcé n’est pas une période anodine. « La première conséquence de l’isolement, c’est la stigmatisation, autrement dit, le sentiment d’être pointé du doigt, de susciter la suspicion en permanence, d’être la personne « pestiférée » à éviter ou celle par qui la maladie arrive ». Outre cette impression de rejet, certaines personnes mises en quarantaine peuvent également avoir le sentiment de culpabilité de ne pas avoir pris les mesures nécessaires et d’avoir pu potentiellement infecter d’autres membres de leur entourage.

La quarantaine est une expérience potentiellement traumatisante.

« La quarantaine est donc une expérience potentiellement traumatisante pour certains et, comme tout trauma, les symptômes (comme les troubles du sommeil, les troubles de l’humeur, une anxiété généralisée, allant jusqu’à une dépression voire un syndrome du stress post-traumatique) peuvent se manifester à distance, soit des mois ou des années plus tard sous forme de flashbacks, d’attaques de panique, d’état pathologique d’alerte ou de vigilance.

L’incertitude de la durée de ce contexte épidémique n’évoque rien de bon pour la santé mentale, donc n’hésitez pas à parler à vos proches ou à consulter, via vidéoconférence.
Les thérapies brèves comme les thérapies cognitives et comportementales (TCC) dont l’hypnose semblent particulièrement bien indiquées dans ce genre de situation. En consultation, le patient peut évoquer son propre récit des événements, exprimer ses émotions, et faire part de toutes les pensées négatives que l’épidémie suscite. Un travail pourra être engagé pour soulager la personne en attendant que le climat de tension actuel s’apaise.

Entraînez vous à accepter l’incertitude: il convient donc d’apprendre à faire progressivement face à l’incertitude dans la vie quotidienne en relâchant les comportements de contrôle.

Si des idées anxieuses ou tristes traversent votre esprit, accueillez-les sans lutter. Elles prouvent seulement que votre esprit est réactif, toujours vivant et réveillé. […] Vouloir être en permanence euphorique est la plus sûre manière de diminuer ces capacités de résistance et de résilience.

Et prenez encore plus soin de vous!

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